Les naghghârât sont deux petites timbales réunies par des lanières de cuir. Leurs caisses de résonance sont constituées de deux petites écuelles en poterie ou en cuivre rouge, d'une quinzaine de centimètres de diamètre, de forme demi-sphérique, recouvertes chacune d'une membrane en peau de chèvre soigneusement raclée comme un parchemin.
On les bat à l'aide de deux fines baguettes de bois, façonnées au tour et terminées chacune par un petit enflement ovoïde. Le joueur de naghghârât est appelé naghirzân (mot d'origine turque).

Les deux peaux sont accordées, à peu près, à la quinte. Celle de gauche, qui produit les tum (sons sourds), est légèrement mouillée ; celle de droite, qui produit les tak (sons grêles et secs), est chauffée à la chaleur d'un brasero.
Le joueur tient les deux bâtonnets entre le pouce et l'index, les poings à demi fermés, et frappe les deux membranes entre leur centre et leurs bords, obtenant une grande variété de timbre et d'intensité.
Par la variété des sons obtenus, leur jeu constitue à lui seul une mélodie rudimentaire. Les naghghârât tiennent un rôle important : le joueur improvise des variations autour du rythme principal pour agrémenter l'accompagnement.