Le oud ('ûd, « luth ») est un instrument à cordes pincées, jouées à l'aide d'un plectre (la risha). Jusqu'au début du XXe siècle, l'orchestre classique tunisien ne comptait que deux instruments mélodiques : le oud et le rebab.
On dit que le luth a tant façonné le chant des Arabes que « leur gamme et leurs modes en ont gardé une empreinte indélébile ». Aujourd'hui encore, il continue de guider l'ensemble avec la même maîtrise qu'autrefois.

Par rapport au luth oriental, le luth maghrébin a un corps resserré et un manche sensiblement plus long ; son plateau et ses éclisses forment une partie bombée découpée dans des plaques de bois assez épaisses.
Il semble avoir été conçu pour un jeu plus vigoureux et l'exécution en plein air. La longueur du manche permet d'avancer la main au-delà du quart des cordes.
Le luth tunisien est monté de quatre cordes jumelées (accord dîl au grave, puis octave, quinte, quarte). On l'appelle 'ûd 'arbî (arabe), par opposition au 'ûd maçrî (égyptien/oriental) ; au Maroc, on le nomme kwitra.
Les Maghrébins attribuent à leur luth une origine andalouse : avec le rebab, il symbolise pour eux la musique héritée de l'Espagne musulmane.

La table (wajh) est en bois léger ; elle est ornée d'une rosace ajourée (shamsiyya, « petit soleil ») d'environ 15 cm, et protégée des coups de plectre par une plaque (raqm).
D'un jeu relativement difficile, le oud tunisien exige un long entraînement : seuls les bons musiciens arrivent à en jouer proprement. C'est lui qui, dans la nûba, mène l'intermède réservé au luth (le mshad) et accompagne le chant solo (la qaçîda).