Le târ est en tous points semblable au tambour de basque des pays d'Europe. C'est une lame de bois de hêtre, large d'environ sept centimètres, recourbée en un cercle de vingt à vingt-cinq centimètres de diamètre.
Sur son pourtour sont pratiquées cinq fentes recevant chacune une paire de cymbalettes de cuivre, rondes et légèrement convexes. Une peau de chèvre, crue et soigneusement raclée comme un parchemin, est tendue sur le cadre.

Le musicien tient l'instrument de la main gauche, le pouce passé à l'intérieur du cercle. Par un mouvement du poignet, il fait osciller le târ : les cymbalettes s'entrechoquent et rendent des sons de castagnettes — un trémolo qui forme une sorte de basse continue.
C'est la main droite qui produit les temps forts, appelés tum (près du milieu de la peau), et les temps faibles, appelés tak (sur le bord). Ces points figurent les temps forts et faibles du rythme.
Le târ joue un rôle de premier plan, assez semblable à celui du bâton du chef dans les orchestres européens. On ne le confie qu'à un musicien consommé, éprouvé par une longue expérience.