Le nom de rbâb a toujours désigné, chez les Arabes, les instruments à cordes que l'on fait vibrer par frottement d'une mèche de crins tendue sur un archet. Tout instrument à archet était, pour eux, un rbâb — un nom qui rappelle le rebec des ménestrels de l'Europe médiévale.
Dès le Xe siècle, le musicologue al-Fârâbî le mentionne. Le rbâb oriental se distingue par une table de résonance relativement petite et un manche très long.


Le rbâb tunisien possède deux cordes. Sa caisse, qui rappelle vue de face la silhouette d'un avant-bras, a l'aspect d'une demi-poire allongée. Elle est taillée dans un seul bloc de bois de noyer ou de cèdre, soigneusement évidé pour acquérir une coque résonante, puis couverte d'une feuille de parchemin.
La tradition attribue au rbâb maghrébin une origine andalouse : ce seraient les réfugiés musulmans d'Espagne qui l'auraient introduit en Afrique du Nord, avec leur musique.
De maniement fort difficile, il exigeait un long entraînement et une grande habileté. On le tient à plat dans la main gauche pour intercepter les cordes avec les doigts.
Il a peu à peu disparu des orchestres, remplacé par le violon européen (l'alto), accordé « à la tunisienne », plus riche et plus proche de la voix. Snoussi le disait déjà « bientôt pièce de musée ».